Égalité femmes-hommes : Sodexo, encore à la traîne

L'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est un sujet majeur pour nos entreprises. Pourtant, chez Sodexo, nous pensons que ces sujets doivent être pris au sérieux par tous. C'est pour cela que nous avons défendu ces idées lors des négociations avec la direction. Néanmoins, nous regrettons que notre entreprise ne soit pas à la hauteur des attentes légitimes de ses salariés. L'écart entre nos souhaits, nos besoins, et leurs propositions étaient trop grand. Nous vous expliquons dans cet article les raisons de notre refus et ce que nous attendions de notre direction.

 

Pourquoi la CFE-CGC Sodexo a refusé de signer l'accord hommes-femmes ?

En 2024, les élus du CSE se sont réunis pour négocier le nouvel accord pour atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes chez Sodexo. Nous constatons tous aujourd'hui que la situation n'est pas satisfaisante. En effet, chez Sodexo, les inégalités salariales sont comprises entre 2 et 10 % en fonction des segments et les femmes occupent plus souvent les postes précaires dans l'entreprise.

Afin de pallier cette situation, les élus CFE-CGC ont demandé à ce que les plus bas salaires des femmes soient revalorisés sur ceux des hommes au même poste, ainsi qu'un reporting annuel. Ces demandes nous semblaient raisonnables et efficaces. Pourtant, la direction de Sodexo les a refusées. À la place, elle a accordé une enveloppe de 1 % sur la masse salariale, mais sans explication sur sa répartition, ni possibilité de vérification. “Nous refusons la méthode et nous déplorons que notre entreprise ne souhaite pas permettre aux représentants du personnel de vérifier la bonne application de la loi… C'est pour cela que nous avons refusé de signer un accord pour l'égalité hommes-femmes qui n'est pour nous qu'une mascarade” explique Olivier Duval, délégué syndical.

 

Restauration collective : les femmes occupent plus souvent des emplois précaires

L'Institut du Travail de Strasbourg a publié une étude concernant l'égalité professionnelle dans la restauration collective et dresse plusieurs constats sur notre secteur d'activité :

  • Les femmes représentent 56,5 % des employés de la restauration collective. Elles sont par contre 65 % des “employés” et 84,5 % à occuper un temps partiel.
  • Les femmes sont plus présentes dans la partie “service” que dans la partie “cuisine', plus masculinisée.

 

Chez Sodexo, les femmes représentent environ 30 % des cadres mais 70 % des employés, ce qui confirme bien qu'elles occupent des postes plus précaires et moins rémunérés. Ces situations doivent changer, et cela passe par une réelle prise en compte des enjeux et des répercussions de ces inégalités.

 

Les chiffres de l'inégalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises françaises 

L'index d'égalité professionnelle existe depuis 2018 et s'applique à toute entreprise de plus de 50 salariés. Chaque année, elles doivent publier leur index d'égalité professionnelle sur leur site internet. En 2022, seules 61 % d'entre elles l'avaient fait, et 77 % en 2024.

Rappelons qu'il est interdit de refuser l'embauche d'un candidat par rapport à son sexe, sa situation familiale (grossesse notamment) ou son état de santé.

 

Aujourd'hui, on constate encore les situations suivantes :

  • Les hommes gagnent 24,4 % de plus que les femmes selon l'INSEE (juin 2021)
  • À postes et compétences égales, l'écart de salaire est de 9 %
  • Les écarts de rémunération sont encore plus importants dans les bas revenus (25 % vs 21 % pour les plus hauts revenus).
  • À partir du 8 novembre 2024, c'est comme si les femmes travaillaient gratuitement jusqu'au 31 décembre selon l'économiste Rébecca Amsellem,

 

L'écart salarial s'explique également par les temps partiels, le plus souvent occupés par des femmes. Si elles déclarent souvent qu'elles aimeraient travailler plus, elles attribuent cette situation à une charge domestique trop importante.

 

Égalité hommes-femmes : ce qui fonctionne vraiment

 

Pour réduire les inégalités entre les sexes en entreprise et atteindre vraiment l'égalité professionnelle, de nombreuses mesures peuvent être prises. Parmi elles, on peut citer les plus courantes :

  1. former les managers et dirigeants afin qu'ils soient attentifs à ces questions à l'embauche et tout au long de la carrière de leurs équipes.
  2. faire évoluer professionnellement les femmes et leur donner la priorité à l'embauche ou à l'évolution, en cas de retard important. Certaines entreprises
  3. attribuer chaque année une enveloppe budgétaire significative pour réduire les écarts de salaire
  4. suivre et rendre-compte des actions concrètes mises en place dans l'entreprise
  5. réfléchir avec le CSE aux solutions permettant de soulager la charge domestique des femmes, afin qu'elles puissent occuper des postes à temps plein.
  6. former les équipes à la lutte contre le sexisme et les violences. Ces sujets sont essentiels pour lutter contre les stéréotypes de genre et sont souvent une première étape vers l'égalité réelle et concrète.

 

Les inégalités hommes-femmes dans le monde

L'ONG Oxfam publie régulièrement les chiffres des inégalités entre les femmes et les hommes au niveau mondial. Dans son dernier rapport, l'ONG souligne que 50 % de la population mondiale en âge de travailler sont des femmes, mais que seulement 39 % d'entre elles occupent un emploi. Le rapport met également en avant que 61 % des personnes les plus pauvres sont des femmes, et que seulement 18 % des ministres et 24 % des parlementaires dans le monde sont des femmes. Ces chiffres mondiaux traduisent une inégalement systémique, encore présente dans nos entreprises et pour lesquelles nous devons nous battre quotidiennement.