Alors que les salaires des cadres subissent de plein fouet une inflation galopante depuis plusieurs mois, nous avons voulu en savoir plus sur le Compte Epargne Temps (CET) et le Plan d'Epargne pour la Retraite Collectif (PERCO. Ces deux dispositifs redonnent du pouvoir d'achat aux cadres et agents de maîtrise. En période de NAO, il est intéressant de se rappeler l'utilité de ces dispositifs à court et long terme. Pour information, ce dispositif est en place chez Compass, mais pas chez Sodexo. Nous avons interrogé Laurent Néras Délégué Syndical chez Elior Restauration France afin que l'exemple de leurs négociations puisse inspirer d'autres entreprises dans la restauration collective ou ailleurs !

 

Le CET et le PERCO indispensables dans la restauration collective

 

Chez Elior, nous avons une grande partie de notre personnel qui travaille en Ehpad et dans les hôpitaux  : ils n'arrivent pas toujours à prendre leurs congés ou jours de repos en raison du manque de personnel. Depuis le Covid, la situation est devenue extrêmement tendue. 

 

Le CET : sauver les jours que l'on ne peut pas prendre

Comme ils n'arrivent pas à prendre tous les congés payés auxquels ils ont droit, nous les invitons à ouvrir un CET. Ainsi, ils sont mis de côté pour être utilisés plus tard. Concrètement, nous pouvons mettre de côté la cinquième semaine de congés payés et 9 jours de RTT par an. “Chaque année, nous demandons à l'entreprise le nombre de jours de congés payés perdus. Bien qu'il diminue grâce à la mise en place du CET, ce chiffre reste très élevé puisque 250 jours ont été perdus en 2022 par les salariés. Faute de personnel, la direction est dans l'obligation de rappeler les équipes en congés pour assurer les soins. Notre rôle d'élu est vraiment de faire de la pédagogie afin de convaincre nos collègues de l'intérêt de ces dispositifs” explique Laurent Néras, Responsable de Secteur chez Elior et délégué syndical CFE-CGC depuis 2015. Chez Elior, le CET est ouvert aux cadres et agents de maîtrise depuis 2015. 

 

Le PERCO : transformer le temps en argent

Mis en place en 2017 chez Elior, le PERCO représente un complément très intéressant au CET. Concrètement, après un an sur le CET, les jours peuvent être transférés dans le PERCO, à hauteur de 10 jours par an et convertis en “argent” comme s'il s'agissait de jours travaillés. Par ailleurs, l'employeur abonde entre 15% et 25% (en fonction du nombre de jours placés sur le PERCO). Ces deux dispositifs sont intéressants et complémentaires : la CFE-CGC est fière d'avoir été pilote pour cette revendication chez Elior. Il est emblématique des projets que nous aimons mener au sein des entreprises dans lesquelles nous sommes élus.

CET et PERCO : une autre manière de préparer sa retraite

Ouvert aux cadres et agents de maîtrise, chacun utilise les dispositifs selon ses besoins. C'est presque un jeu de stratégie ! “Nous avons le cas d'un collègue qui a utilisé uniquement le CET. Il est parti à la retraite 6 mois à l'avance grâce aux jours qu'il avait pu placer dessus. Un autre utilisera CET et PERCO, afin de se constituer une plue-value financière intéressante pour la retraite”. Les sommes épargnées sur le PERCO sont déductibles des impôts, comme le prévoit la législation en vigueur. 

 

Convaincre les plus jeunes

Nous devons convaincre les cadres et agents de maîtrise de l'utilité du CET et du PERCO, notamment les plus jeunes qui ne perçoivent pas forcément l'intérêt de ces deux dispositifs pour eux. Le CET ou le PERCO ne sont pas “portables” d'une entreprise à l'autre. Mais en cas de départ, la somme sera payée au salarié, ce qui est tout de même intéressant d'autant qu'il s'agit de convertir des jours de congés qui auraient été perdus ! 

Un CET ne va pas servir uniquement à la retraite. Il doit être perçu comme un moyen de 

  • compléter sa rémunération
  • cesser progressivement son activité
  • financer ses absences (congé sabbatique, création d'entreprise, formation longue…)

 

Des arguments que Laurent Néras et les élus de la CFE-CGC mettent régulièrement en avant en fonction des besoins de leurs collègues. 

Un atout pour le pouvoir d'achat

Le pouvoir d'achat est une préoccupation majeure pour les Français et la CFE-CGC est force de proposition pour les accompagner dans ce combat du quotidien. “Lors de nos dernières négociations chez Elior, nous avons obtenu de pouvoir convertir jusqu'à 15 jours placés sur le CET. La somme obtenue était, par ailleurs, non imposable. C'était un complément de rémunération intéressant et significatif. Par ailleurs, l'abondement de l'employeur sur le PERCO constitue un excellent (et incomparable) placement financier” poursuit Laurent Néras. 

 

Ces dispositifs ne doivent pourtant pas faire oublier la priorité de nos négociations en entreprise en période de forte inflation : le salaire des cadres et des agents de maîtrise. On a vu récemment que l'inflation avait particulièrement impacté les salaires des cadres. La CFE-CGC maintient sa position : c'est par le salaire que l'on donne du pouvoir d'achat, que l'on stimule la croissance via la consommation. Pour cela, la CFE-CGC propose entre autre de : 

 

  • améliorer le fonctionnement des négociations annuelles obligatoires (NAO) ;
  • revaloriser les salaires des membres de l'encadrement ;
  • assure l'égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes ; 
  • rémunérer équitablement les salariés en forfait jours ; 
  • mettre en œuvre un pacte de progression salariale. 

Pour découvrir les positions de la CFE-CGC sur le salaire et la rémunération des cadres et agents de maîtrise, rendez-vous sur le site national 

https://www.cfecgc.org/actualites/le-salaire-doit-rester-au-centre-des-remunerations 

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